Le jardin du printemps se prépare à l’automne

A l’automne, alors que les dernières tomates finissent de rougir au jardin, il faut déjà penser au printemps prochain. Car quand on demande aux vers de terre (et à tous leurs copains) de travailler pour nous, il faut leur laisser le temps. Ils savent préparer la terre bien mieux que n’importe quel motoculteur, mais ils le font beaucoup moins vite.fumier tas serre automne preparation jardin

C’est pour ça qu’en ce moment je fais rentrer du fumier frais et très pailleux du centre équestre voisin, ainsi que de la vieille paille « déclassée » qu’on voit sur les photos. Étalés en couches épaisses sur les futurs planches de cultures, ce mulch viendra à la fois désherber, nourrir tous les petits habitants sous-terrain, et éviter que les pluies d’automne ne viennent tasser et lessiver la terre si elle avait été mise à nu.fumier etale serre automne preparation jardin

Couvrir le sol

En plus, en formant comme une couverture sur le sol, la terre restera plus chaude durant l’hiver et permettra ainsi à la « vie du sol » de rester en surface pour mieux digérer les racines présentes sous le mulch, puis, petit à petit, décomposer et transformer cette couverture en l’intégrant à la terre.

Mais attention, tous ces habitants du sol ont bien sûr besoin d’eau et de nourriture, mais aussi besoin d’air. En effet, nombre de ces petites bêtes ont, comme nous, besoin d’oxygène pour vivre. Et certaines bactéries, les azotobacters, présentent la particularité de savoir fixer l’azote de l’air pour la restituer plus tard. Elles nous sont donc très précieuse 🙂

C’est pour ça que toute l’année, mais particulièrement à l’automne, quand je recouvre mon sol, je pense à tous ces êtres vivants qui travaillent pour moi, et dont je prends soin en leur donnant un toit et de quoi manger pour l’hiver… mais sans les étouffer.

Et vous, comment préparez-vous le printemps ? Quel mulch utilisez-vous ? N’hésitez pas à utiliser les commentaires ci-dessous pour partager votre trucs et astuces à propos du mulch, ou à me poser des questions.

Jérôme BOISNEAU

 

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15 Comments on “Le jardin du printemps se prépare à l’automne

  1. Moi, je couvre le sol avec des cartons
    Au printemps, le carton est presque entièrement décomposé et le sol est propre.
    Je passe alors la motobineuse en incorporant du fumier d’un an bien décomposé.
    Mon potager est prêt à être de nouveau ensemencé et planté.

    • Bonjour Gérard,
      Au printemps, avez-vous essayé de ne pas passer la motobineuse ? Juste planter et repailler avec du compost, tonte, fumier ou autre ?
      Ca vous ferait moins de travail, et laisserai « tranquille » toute la vie du sol 🙂
      Si vous avez peur que ça se passe mal (je comprendrai), faites le test dans un petit coin au printemps prochain. Et tenez-moi au courant 😉

  2. Bonjour Jerome, merci pour le temps que vous consacrez a partager votre experience en permaculture. Concernant le paillage ou mulching, lorsque vous dites « une couche epaisse », s’agit-il de 10-15 ou 20cm que vous epandez? (desole pour l’absence d’accents, j’habite en Australie et nous avons des claviers QWERTY par ici).

    Je me demande egalemt comment vous controllez les insectes en permacuture. Est-ce que la richesse bio des sols est ssuffisante pour rendre les attaques d’insectes ou de champignons negligeables ou faut-il intervenir avec des bouillies bio de maniere routiniere?

    • Bonjour Gaetano,
      pour l’épaisseur de la couche, ça dépend de pleins de facteurs :
      – type de mulch,
      – état de « vivacité » du sol (son aptitude à « digérer » ce que vous lui donnez à manger)
      – quelles plantations futures ?
      – …
      Bref, un peu compliqué de résumer (ça me prends presque une journée en formation pour bien expliquer tous les principes de fonctionnements du sol, puis les méthodes pour démarrer un jardin sans travail du sol, connaitre les différents mulch et leurs usages….) mais comme toujours, le mieux est d’expérimenter et d’observer.
      Quant aux « contrôle » des insectes….c’est le moins possible, et sans aucun produit, même bio : je pense que c’est contre-productif sur le long-terme.
      A bientôt,
      Jérôme

  3. Bonjour Jérôme, cette année j’essaye le foin (méthode du « jardinier paresseux » qui me semble frappée au coin du bon sens) : mon voisin et ami fermier doit me déposer trois vieilles bottes de foin que je vais étaler partout y compris dans ma nouvelle serre tunnel.
    J’ai définitivement cessé de me servir de carton à cause de tous les additifs chimiques qui s’y trouvent. Au début j’utilisais aussi le fumier de cheval mais il est difficile d’être certain qu’ils ne contient ni résidus de médicaments ni vermifuges donc j’ai abandonné cette ressource. De ce fait la paille seule ne me paraissait pas suffisante pour nourrir mon sol. Une fois tous ces constats faits, le foin qui se rapproche du cycle naturel me parait être la meilleure solution. Avant de lire le blog du jardinier paresseux, j’avais déjà pensé au foin mais je craignais que les graines contenues dedans germent à la place de mes semis mais en en mettant une couche suffisamment épaisse pour étouffer la germination et en prenant quelques précautions (faux semis) ça devrait aller. Et, « cerise sur la botte de foin », il n’y a pas de résidus de traitements fongiques ou autres à craindre comme c’est le cas pour la paille…

  4. bonjour.j ai gardé de la sciure de bois provenant des arbres(érables,aulnes,accacias) abattus en foret avec une tronçonneuse puis que j ai coupé avec une scie circulaire electrique chez moi.puis-je l utiliser pour couvrir le sol de mon potager,si oui sur quelle épaisseur?

    • Bonjour Joseph. La sciure de bois contient beaucoup de lignine (et donc de carbone) et peut donc participer à nourrir les « habitants » de votre sol. Cependant, il faut faire attention à son origine (et celle issue de la tronçonneuse contient sans doute pas mal d’huile de chaine), et à ne pas en mettre trop d’un coup, sous peine d’étouffer (priver d’air) les précieux auxiliaires sou-terrain. Quand j’ai de la sciure, je la met soit en couche épaisse (3-4 cm) dans les allées, soit en mélange avec un autre mulch (paille, foin..)
      A bientôt,
      Jérôme

  5. Bonjour,

    En regardant la photo du fumier étalé je me demande si cette quantité ne provoque pas de pollution. En effet, j’ai appris que chez nous en Sarthe, la limite autorisée est de 210 unité d’azote par hectare… rapporté au carré de jardin sur la photo n’y a t’il pas de risque de pollution localisée à base de fumier de cheval? J’ai appris que la célèbre Ferme du Bec Hellouin aurait épandu la première année1000 tonnes/hectare et que cela pourrait provoquer des pollutions dans l’eau. Pourriez vous m’éclairer sur vos quantités épandues? Merci beaucoup. Laurent.

    • Bonjour Laurent,
      C’est une bonne question que je me suis aussi posé. Et je n’ai pas de bonne réponse, mais je pense sincèrement que cette pratique ne pollue pas. Sinon, je ne le ferai surtout pas.
      Il faut savoir que la limite légale est calculée en azote minérale, donc très soluble (alors que dans le fumier c’est de l’azote organique, dont une partie est soluble, et une autre beaucoup moins), pour des terres travaillées, donc pauvres en faune et flore, et inapte à stocker ou transformer ces minéraux solubles. Pour calculer les apports azotés du fumier que j’utilise, ce serait un peu difficile car il s’agit de fumier frais, tout juste sorti des boxes d’un centre équestre voisin, et qui est très pailleux, assez hétérogène, et auquel j’ajoute beaucoup de paille. J’utilise cette ressource car elle est de proximité, facile à obtenir et justement très peu (visiblement, mais j’ai pas de chiffres) azotée. Si je pouvais, j’utiliserais uniquement de la paille pure, car ce que je recherche, c’est surtout le carbone. Et ce qu’on voit sur la photo est surtout de la paille déclassée (qui a pris l’eau et qui à commencée à composter en tas, comme on en trouve chez les éleveurs qui font trop de stock – et qu’on me donne volontiers contre enlèvement).
      Enfin, je ne le fais que sur de petites partie d’une grande prairie, ainsi, si des pluies abondantes venaient à lessiver rapidement tout l’azote soluble, la partie avale de la prairie en profiterai pour se nourrir un peu plus que d’habitude.
      Bien évidemment, je ne suis pas sous terre pour savoir ce qui s’y passe (même si j’y fais régulièrement des trous d’observation), et chaque cas est unique. Ce que je sais en revanche, c’est que de telle pratique entraine une augmentation rapide du taux d’humus, qui permet d’augmenter la capacité de rétention du sol. Donc, à priori, de diminuer les pertes de minéraux par lessivage.
      Malheureusement je ne connais pas d’études concernant des apports d’azote organique sur sol vivant. Mais si quelqu’un en connais une je serai ravi de pouvoir la lire.
      En tout cas, merci Laurent pour cette question qui m’a permis de compléter cet article.
      Jérôme

    • Bonjour Laurent,
      La question de la quantité d’azote m’intéresse aussi.
      qu’elle est votre source pour le Bec Hellouin. J’ai pu lire cette affirmation sur des forums mais M. Hervé-Gruyer a fait une réponse p50 du rapport final.
      http://www.fermedubec.com/inra/Rapport-%C3%A9tude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2.pdf
      Tout comme Jérôme j’ai du mal à croire à une source de pollution mais j’aimerais en savoir plus. Peut-être que l’association Maraîchage sur sol vivant en parlera dans ses formations…

  6. Bonjour
    Merci pour ce blog. En janvier j’ai refait une couverture avec du foin . Il est évident que le sol est la base de tout et après réflexion et observation mon potager avait un peu faim. Le nourrir, le protéger, être à son écoute c’est essentiel. Du coup je me renseigne sur les types de couvertures etc.. Surtout qu’ici en Camargue les conditions météo peuvent être extrême (sècheresse, inondation, mistral, sirocco, salinité du sol..) Merci encore pour le partage de votre expérience, et bonne continuation.

  7. Je me posais la question récemment entre mettre en place un engrais vert d’hiver genre vesce/céréale qui structure et enrichit la terre, mais du coup qui apporte beaucoup moins à manger au sol puisque pas ou très peu de couverture végétale, ou bien un mulch épais comme tu le fais.
    Quel est ton avis là-dessus?

  8. Foin ? Paille ? Feuilles ? Au final, je fais selon les oppprtunites qui s’offre à moins. Et je rejoins l’idée du Jardin paresseux en prenant ce qui me tombe sous la main. Cette année, j’ai récupéré assez de feuilles. Je vais compléter avec du foin qu’un voisin me cède.
    C’est plus rentable que de parcourir 30 ou 50 km et dépenser inutilement du carbone. Dans la même idée, pourquoi jeter sur un tas de compost mes restes , mélanger régulièrement ce compost puis de nouveau étaler ce compost mur dans le Jardin. Je jette souvent directement mes déchets sur le Jardin. Un des avantages , les limaces en raffolent et laissent tranquille mes salades.
    Au printemps, je dégage juste l’espace nécessaire pour mes semis avec la bonne idée de Did67 sur YouTube et son couteau à pain ;-).

  9. Bonjour Jerome,
    Merci pour l’article, je suis dans la region parisienne et je travaille a préparer la terre pour planter des légumes pour mes parents dans leur jardin. La terre est lourde et argileuse et sur la pente ou je veux faire le massif elle est assez dure et pleines de racines. Quel mulch conseillerez vous? Et quel épaisseur? Pour l’instant j’ai remué la terre sans la retourner et creusé une petite tranché sur le flan du coté haut pour faciliter l’infiltration de l’eau de pluies. Ensuite j’ai recouvert de feuilles d’automnes (boulot, sophora, pommier canada, liquidambar). Mais je n’ai pas obtenue une très grande épaisseur.

    • Une vingtaine de cm, paille foin ou feuille ce qui le plus facile à trouver. À voir comment cela devient au printemps mais il faut savoir être patient, cela peut prendre 2 ou 3 ans pour constater de vrais résultats

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